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CANTAL-LIENS

 

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association de liaison pour la généalogie et l'histoire populaire du Cantal

...La généalogie autrement

 

 

3 siècles de peste dans le Cantal

 

... Ce fut la peste, « la peste noire », qui en 1347 déferla dans notre pays et y fit les plus grands ravages. Venue des Indes elle arriva en Europe après la bataille de Crécy, par les rats et les puces débarqués de plusieurs galères vénitiennes. Particulièrement violente elle fit périr la tierce partie du monde.
A Maurs elle paraît y avoir duré trois ans et l’on s’accorde a avoir dénombré plus de 900 morts.
C’est en 1524, aux environs de la fête de la nativité de St Jean que la peste régna quasiment dans Maurs. Selon les chroniqueurs de l’époque, cette épidémie ravagea le pays, la plus grande partie des habitants abandonnèrent la ville tandis que les religieux quittèrent l’Abbaye pour se réfugier sur les terres du seigneur de Murat.
Mais c’est en 1587 qu’elle fut la plus violente et que la panique s’empara de la population et Maurs en fut grandement dépeuplée.
 Fontanges « ennemi et rebelle de Sa Majesté le Roy » qui tenait garnison à Maurs abandonna à son tour la ville qui devint déserte..
La peste se manifesta de nouveau en 1627 et fit des ravages terribles à Aurillac ainsi qu’à St Flour où les morts furent si nombreux qu’on ne relevait pas ceux  qui tombèrent hors des murs d’enceinte…
Combien de temps dura cette épidémie ? On ne le sait guère, mais naturellement la famine ne manqua pas de lui succéder.
Sur les remèdes qu’on lui accordait, au XIVème siècle la Faculté de Médecine  de Paris recommandait de brûler de l’encens et des fleurs de camomille, de s’abstenir de l’huile d’olives et de prendre des bains (curieusement il semblerait que cette dernière recommandation soit encore respectée dans certains de nos villages isolés !...)
Un sieur Ambrun, médecin à Londres, préconise une recette de crapaud cuit à l’étouffée.
On lave les chambres avec du vinaigre.
A défaut de remèdes efficaces la population implorait le ciel  et des saints tels St Roch (pestiféré lui-même et miraculeusement guéri) et St Antoine. La dévotion à St Roch est encore fervente dans nos villages.
Il faut encore ajouter à cela une épidémie en 1693 qui fit 694 décès à Maurs (un tiers de ses habitants) et plus de 2000 personnes à Aurillac et à l’occasion de laquelle on relève dans les registres paroissiaux de Teissières les Bouliès, cette annotation du curé Bersanges :
«  Malheureuse année. Vingt neuf sépultures, tous grands corps. La même année à Montsalvy 111 décès pour 450 habitants. Ils moururent dit un registre de cette localité, de famine plutôt que d’autre mal, la famine étant commune dans les quatre provinces voisines. Presque tous les vignerons du Fel moururent de famine et leurs vignes cessèrent dès lors d’être travaillées. Faute de fossoyeurs les curés faisaient enterrer dans les jardins »
(tous ces éléments ont été relevés dans le livre « Maurs au fil des siècles » de Roger Jalenques, ancien maire de Maurs)