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CANTAL-LIENS

 

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association de liaison pour la généalogie et l'histoire populaire du Cantal

...La généalogie autrement

 

 

1746 Le dernier voyage de Courchinoux

 

C’était en début avril 1746 à Junhac, les habitants étaient  tout bouleversés des évènements qui venaient de se produire.
Le 28 mars, au village de Mérignac était décédé Jacques Courchinoux, laboureur âgé d’environ 45 ans.
Le décès eut lieu dans la maison de Jean Broha son cousin germain. Le défunt avait reçu les sacrements de pénitence eucharistique en forme de viatique ainsi que l’extrême onction, par maître Antoine Fel vicaire de la paroisse de Junhac.
Après son décès Jean Broha alla prévenir le curé de Junhac et lui demanda la grande croix de l’église pour la porter à sa maison devant le cadavre de son cousin.
Chargé de la croix il se rendit chez Antoine Bruel et Pierre Verdier les sonneurs pour leur demander de sonner les cloches de l’église au passage du convoi et de la sépulture. Pour emporter leur accord il leur commanda de creuser la fosse pour y déposer le défunt.
Mais tandis que les sonneurs, après avoir sonné les cloches, s’affairaient à creuser la tombe Jean Broha s’en alla discrètement aller trouver le curé de la paroisse voisine de Sénezergues. Tous les deux organisèrent l’enlèvement du cadavre avec l’aide des habitants de cette paroisse, pour le transporter de force à l’église de Sénezergues, à la grande fureur des sonneurs de cloches de l’église voisine.
Tout le monde fut témoin que le curé de Sénezergues demeura toute la journée au village de Mérignac devant la maison de Jean Broha pour empêcher que le corps ne fut pris par les gens de Junhac et ceci bien que le pauvre Courchinoux n’ait manifesté aucun désir d’être inhumé dans la paroisse voisine.
Il faut dire ici que le curé de Sénezergues était coutumier du fait et qu’il considérait que les corps décédés au hameau de Mérignac relevaient de son ministère. Il avait procédé ainsi pour l’enlèvement des dépouilles de Pierre Souquières et de sa servante.
Alors que le notaire de Junhac se transportait à la maison du défunt il y rencontra un grand nombre de gens que Jean Broha et le curé de Sénezergues avaient disposé pour empêcher le prêtre de Junhac de procéder à la cérémonie funèbre.
C’étaient des gens de rien et sans armes mais hardis et téméraires, capables de tout pour produire une émeute. Ils s’étaient attroupés entourant le cadavre refroidissant. Ces gens semblaient si déterminés que le vicaire de Junhac ne pût s’y opposer et pour prévenir toutes suites funestes il dû choisir de se retirer promptement avec le notaire qui auparavant dressa procès-verbal de la rébellion et des troubles causés au service divin…
Le procès-verbal ne dit pas ce que devint la grand croix de l’église …
(selon un procès-verbal contenu dans le registre de l’église de Junhac)