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CANTAL-LIENS

 

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association de liaison pour la généalogie et l'histoire populaire du Cantal

...La généalogie autrement

 

Une jeune fille au début de la Guerre de 1914

 

Il s’agit de ma mère, elle avait 11 ans et son père venait d’être mobilisé. Pourtant il y avait quatre enfants, dont ma mère l’aînée, une sœur de 9 ans, un frère de 7 ans, un autre frère de 1 an.

Ma grand mère, lingère en chambre, c’est à dire travaillant à la maison et cousant de la lingerie, ainsi que des robes de petites filles et des chemisiers pour les dames, du très fin et joli ouvrage.

Ma mère compris très vite que cette situation sans papa, allait être très difficile. Mon grand père était « sellier » il faisait surtout de l’équipement pour les chevaux.

Ma mère le regardait car il travaillait chez lui le dimanche, pour gagner plus d’argent.

Alors il lui vint une idée, aller se présenter dans une manufacture de sellerie qui se trouvait à Montrouge, là où ils demeuraient.

La maison « Janvier » que j’ai connue lorsque j’étais petite fille.

Elle mentit sur son âge, en disant « j’ai 15 ans », elle était grande et ne faisait pas son âge véritable.

On lui fit faire un essai, elle prit la pince en bois, serrée entre ses jambes, un morceau de cuir, une alène pour faire des trous, et elle enfila un fil qu’elle avait poissé (c’est à dire passé dans une espèce de cire afin que le fil ne s’use pas en cousant ) deux aiguilles sur lesquelles elle enfila le fil, chacune à un bout du fil fit un nœud des deux côté, et se mit à coudre  en croisant dans chaque trou, une aiguille dessus, une aiguille dessous.

Elle fut engagée tellement c’était bien fait.

Elle travailla les quatre années de guerre en cousant des ceinturons, des cartouchières, des empeignes de chaussures militaires, enfin tout ce qui pouvait servir aux soldats français qui se trouvaient dans les tranchées.

Elle était fière de ramener sa paye à la maison toutes les fins de semaine.

Pendant ce temps ma grand mère se mit à confectionner des chemises militaires, cela la changeait du minutieux travaille de broderie et de petits plis. Mais elle aussi gagna sa vie pendant cette misérable guerre. Ces travaux étaient réservés aux hommes avant la guerre, mais il n’y avait plus d’hommes ils étaient mobilisés, il fallait les remplacer, c’est ainsi que beaucoup de femmes, et même de jeunes filles prirent la place des hommes pour continuer à vivre.

Lorsqu’elle nous racontait cela à nous ses filles, elle était fière de son courage, et elle pouvait l’être, qu’aurais-je fait moi à onze ans……. ?

A la fin de la guerre, elle fut citée à l’ordre de la nation par le Président de la République « Raymond Poincaré » et reçu le mérite civique.

Elisabeth Machuré